La proclamation américaine reconnaissant la souveraineté du Maroc sur son Sahara est en phase avec l’évolution de ce dossier au sein des Nations Unies (MAE M. Nasser Bourita)

Dans une tribune publiée, le 03 février 2021, sur le site de « Jeune Afrique » ainsi que sur celui du journal arabophone « Asharq Al Awsat (Moyen Orient), le Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, M. Nasser Bourita a rappelé que « la décision des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté pleine et entière du Maroc sur la totalité de son Sahara et d’affirmer un soutien sans ambiguïté à l’initiative marocaine d’autonomie n’a laissé personne indifférent ». Cette décision, a-t-il révélé, en a surpris certains et en a conforté de nombreux autres dans leur opinion.

Le Ministre Bourita a, en outre, souligné que le poids de cette décision est à lire à l’aune de celui de son auteur : puissance globale, membre permanent du Conseil de sécurité. Il s’agit, selon lui, « d’un allié majeur du Maroc, avec lequel des relations stratégiques ont été construites, ces vingt dernières années, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Ces relations, ancrées dans l’histoire et tournées vers l’avenir, se sont consolidées au fil des différentes administrations ».

Dans ce différend régional, « ce sont deux visions qui s’opposent selon M. Bourita. D’un côté, celle du Maroc, portée par son Souverain, qui veut que l’avenir soit meilleur que le passé, et qui investit massivement pour le construire avec plus de 7 milliards de dollars sur dix ans rien que dans les Provinces du Sud, répondant ainsi à la Vision Royale de ne pas laisser les populations otages du processus politique qui s’enlise ».

De l’autre côté, celle des autres parties, qui privilégient le statu quo, voire le pourrissement, empêchant l’intégration économique régionale, menaçant la sécurité dans une région instable et faisant fi des conséquences humanitaires en jeu ».

« Les États-Unis connaissent bien la genèse et l’évolution du dossier, ses dynamiques et enjeux », a argumenté M. Bourita. D’ailleurs, a-t-il rappelé, « le cheminement, dont l’initiative d’autonomie est le fruit, est le résultat de consultations approfondies entre Sa Majesté le Roi et l’Administration Clinton. Soumise en concertation avec l’administration Bush, républicaine, elle a ensuite été soutenue par l’administration Obama, démocrate. Ces administrations successives ont toutes apporté leur appui à l’autonomie comme solution à ce différend régional ».

Le Chef de la diplomatie marocaine a souligné, également que « la Proclamation présidentielle de l’administration Trump est donc venue couronner ce processus et expliciter une position constante de soutien depuis vingt ans. Un soutien qui va de pair avec la reconnaissance d’une souveraineté nationale et d’une intégrité territoriale ».

Au-delà du soutien apporté au Maroc à travers des déclarations politiques publiques, « les États-Unis lui rendent disponibles, depuis 2015, une ligne financière au profit des provinces du Sahara marocain. De même, les accords commerciaux conclus avec l’Union européenne s’appliquent aux provinces du Sud du Royaume. Le soutien fort des États-Unis ne surprend donc que l’ignorance et l’amnésie ».

La Proclamation américaine est aussi en phase avec l’évolution du dossier au sein des Nations Unies. D’abord à travers les déclarations de nombreux anciens envoyés onusiens qui avaient martelé que « l’indépendance du Sahara » n’étaient pas une option réaliste, a expliqué le Ministre Bourita.

Ensuite, les dix-sept dernières résolutions du Conseil de Sécurité ont consacré une doctrine claire, en appelant à une « solution politique réaliste, pragmatique et durable », tout en marquant la prééminence des efforts sérieux et crédibles du Maroc pour sortir le dossier de l’impasse.

Pour y parvenir, le Maroc reste fidèle au processus politique mené sous les auspices des Nations Unies, sur la base de paramètres clairs, impliquant les véritables parties du différend régional. Et Sa Majesté  le Roi Mohammed VI s’y est engagé auprès du Secrétaire Général des Nations-Unies, M. Antonio Guterres.

Le Ministre marocain a, par ailleurs, rappelé que « ceux qui croient contrarier le Maroc en s’opposant à son initiative d’autonomie ne font que servir une impasse et s’opposent en réalité à la seule promesse d’une solution sans vainqueur ni vaincu, et qui bénéficie d’un élan d’appui international de plus en plus affirmé ».

Preuve en est les 42 pays qui ont récemment réitéré leur soutien à l’autonomie sous souveraineté marocaine dans le cadre d’une conférence ministérielle à l’initiative du Maroc et des États-Unis. En outre,  a souligné le Ministre, « la décision américaine de rejoindre la vingtaine de pays ayant inauguré des Consulats à Laâyoune et Dakhla motivera sans nul doute d’autres nations à leur emboîter le pas, très prochainement».

Evoquant la déclaration trilatérale, signée le 22 décembre dernier par le Maroc, les Etats-Unis et Israël, et qui contient la déclaration présidentielle américaine, M. Bourita a souligné que cette déclaration scellait par la même occasion un engagement pour un package vertueux, favorisant la stabilité dans le Maghreb et au service de la paix au Moyen-Orient». 

Le Ministre Bourita a conclu sa tribune en affirmant que c’est une chance qui s’offre à tous  aujourd’hui de s’inscrire dans un « positionnement constructif et agissant vers le seul horizon réaliste, juste et durable ».