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2010-2017: La dette morale de Kagame

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GLH 534 : C’était le 2 août dans l’après-midi, le FPR [ou plutôt son candidat à la présidence de la république, Paul Kagame], venait de terminer son meeting dans le district de Gicumbi. Les centaines de véhicules présents tentaient de se frayer un passage dans la marée humaine venue soutenir Kagame. Dans le bus qui ramenait les journalistes à Kigali une française s’exclama : « De toute ma vie, je n’avais jamais vu une foule aussi immense ».

Quelques minutes après,  c’était au tour d’une autre ressortissante suisse de s’adresser à un journaliste de l’Agence Rwandaise d’Information (ARI) : « C’est incroyable ce que j’ai vu, des dizaines de milliers de Hutu très enthousiastes dans un meeting de Kagame ». Surpris, le journaliste de l’ARI réagit promptement, lui qui ne comprenait pas comment une suissesse pouvait distinguer un Hutu d’un Tutsi : « Les mentalités évoluent rapidement, les Rwandais se reconnaissent de moins en moins dans leurs ethnies », répondit le journaliste rwandais.

Ces journalistes européennes, peut-être avec une vision typiquement occidentale des événements au Rwanda, s’accordent pourtant sur une chose : « Un leader [Kagame, ndlr] qui suscite un tel engouement doit tout faire pour ne pas décevoir la population ».

Le président Kagame, peut-être lui-même surpris par les dizaines de milliers présentes à chacun de ses rassemblements lors de sa campagne électorale, ne s’y est pas trompé. En s’adressant aux autorités de base réunies dans l’hémicycle de l’assemblée nationale, quelques jours après sa réélection, il leur a lancé : « Le soutien massif que nous avons reçu de la part des Rwandais [élu à plus de 93%, ndlr] est un défi qu’ils [les Rwandais] nous ont lancé. Nous avons une dette envers eux ». Oui, le président Kagame a une dette morale envers ses compatriotes au regard du le soutien massif qu’ils lui ont témoigné.

Promesses : On ne change pas l’équipe qui gagne

Quoi de plus normal que de voir le président Paul Kagame reconduire tout le gouvernement. Ceux qui lisent entre les lignes avaient très bien compris qu’après les élections il n’y aura pas de changements majeurs. Pour cause : le président Kagame a basé toutes les promesses de sa campagne sur les succès de son premier mandat. Ces succès il les a atteints avec une équipe. 

Dans l’enseignement vous dites qu’actuellement vos enfants sont assurés d’aller au moins jusqu’en 3ème secondaire et ce, gratuitement ? « Ok, dans mon prochain mandat vos enfants devront faire au moins 6 ans d’études secondaires », a-t-il promis.

Une large majorité des Rwandais étant des agriculteurs, Kagame ne les a pas oubliés. « Souvent, je dis que si je suis élu, je ferai en sorte qu’au cours du second mandat, mes réalisations se multiplient par 7. Par exemple, si quelqu’un récolte une tonne de maïs sur un hectare, il récoltera 7,8, voire même 10 tonnes. Oui. Je vous le promets, grâce à la technologie, nous y parviendrons », avait lancé à la population du district de Gicumbi lors de sa campagne.

Comme pour conforter Kagame dans ses dires, ActionAid, une organisation internationale de lutte contre la pauvreté, a récemment sorti un rapport sur le classement des pays en termes de sécurité alimentaire qui loue les progrès du Rwanda. Cette année, le Rwanda se distingue comme le meilleur pays de l'Afrique de l'Est, en devançant le Kenya et la Tanzanie pourtant considérés comme les valeurs sûres de la région en termes de sécurité alimentaire.

« Ces progrès ont été possibles grâce à la nouvelle politique du gouvernement qui soutient les exploitants agricoles à petite échelle en leur fournissant les outils et semences essentiels, tout en développant l'irrigation et en soutenant des méthodes de production écologiquement durables afin de répondre aux problèmes endémiques d'érosion des sols dans les campagnes », indique notamment ce rapport.

Les défis ne manqueront pas

Les principaux défis viendront de l’extérieur. Les deux derniers mois ont été marqué une tension entre le Rwanda d’une part et certaines organisations non-gouvernementales d’une autre part. Sans les nommer, le président Kagame avait fustigé, pendant sa campagne, les étrangers qui « veulent dicter au Rwandais ce qu’ils doivent faire ».

Un extrait de son discours d’investiture est assez éloquent : « C'est cette situation de dépendance qui permet à certains gouvernements [occidentaux, Ndlr], voire même des ONG redevables devant personne, de penser qu’ils ont le droit de dicter leur conduite à des acteurs étatiques légitimes ».

Plus loin dans ce discours le président affirmera que les gouvernements africains sont souvent accusés d’être corrompus et de ne pas répondre aux besoins de leurs populations. Mais que quand ils font ce que tout gouvernement est censé faire, notamment fournir des services, instaurer  le sens d’être redevable, la transparence et l’efficacité, ériger des infrastructures sociales et économiques, et rehausser le niveau de vie; on assiste à des changements d’objectifs et nous nous trouvons alors accusés de forcer le progrès sur la population et d’être répressif.

A toutes ces critiques le président Kagame répond que « seul le choix des Rwandais compte ». Lors de sa campagne électorale il avait dit un jour à l’endroit de ses détracteurs étrangers : « leur jappement ne nous empêchera d’avancer sur la voie du développement ». Et à l’endroit de la population venue le soutenir : « crier plus fort qu’ils vous entendent et respectent votre choix ». 

 

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