«J’ai osé désobéir aux ordres de l’ONU afin de sauver plus de trente mille personnes dans Kigali», Lieutenant Général Dallaire

Tuesday, 09 May 2017 17:02 by André Gakwaya
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Kigali: Lieutenant  Général Romeo Dallaire a fait une présentation hier Musanze devant un groupe de 24 officiers de l’armée et de la Police issus de huit pays de l’Afrique de l’Est et il leur a parlé de sa désobéissance au Secrétaire General de l’ONU Boutros-Boutros Ghali qui lui intimait l’ordre de quitter Kigali alors que beaucoup de personnes en danger de mort attendant son aide.

«Il y avait plus de trente mille personnes réfugiées au Stade Amahoro de Kigali et dans divers autres endroits de la capitale. Le Secrétaire Général de l’ONU a dit de quitter le Rwanda. Sinon les miliciens allaient massacrer les 450 soldats de l’ONU et 100 soldats du FPR non armés. Boutros-Boutros Ghali a répété cela plus de trois fois en insistant. Pendant que je lui rétorquais que je ne peux pas faire cela et abandonner des innocents que nous protégions. Le Chef des forces onusiennes me dit la même chose en me reprochant de désobéir aux lois que je connaissais. J'ai persisté dans ma posito», a indiqué le Lieutenant  Général Roméo Dallaire.

Il a expliqué qu’il ne pouvait pas abandonner plus de trente mille personnes sans défense qu’il protégeait. Ses collègues chefs de bataillons de l’ONU ont approuvé heureusement sa position.

Il a ajouté que des fois l’on est obligé de désobéir à des lois irrationnelles tant que ce que l’on défend est fondé et justifié. En cas de poursuite, l’on peut expliquer les motifs de son acte dans une mission onusienne comme la sienne.

« Les décisions que vous prenez se basent sur les principes de protection de l’homme, de la formation militaire reçue, de sa propre personnalité, et de l’éducation reçue. C’est pour cela que je n’ai pas eu de la peine à prendre une décision », a-t-il dit. .

Les 24 officiers suivaient une formation sur la mission de stopper le génocide et les crimes de masse. Ils viennent du Rwanda, des Comores, du Kenya, de la Somalie, de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Malawi et de l’Ethiopie.

Dallaire a précisé que la Communauté Internationale n’est pas intervenue pour arrêter le génocide au Rwanda parce que ce pays ne représentait pas d’intérêt ni économique ni stratégique».

C’était un pays insignifiant et sans valeur dans le concert des Nations. « Quand un pays ne représente pas un intérêt pour les Nations, on n’y intervient pas», a-t-il poursuivi. (Fin)