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La CNLG participe à Londres au symposium sur les archives numériques, la mémoire et la reconstruction

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Kigali: Du 11 au 13 septembre 2017, le Secrétaire Exécutif de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), le Dr Jean Damascène Bizimana participe à un symposium sur les archives numériques, la mémoire et la reconstruction qui se déroule au King's College London dans les Royaumes Unis.

Le symposium a été organisé par Aegis-Trust, une ONG britannique qui gère le site mémorial du Génocide de Kigali à Gisozi en partenariat avec le King's College London.

Selon la CNLG, le symposium vise à explorer les implications, l'impact et les effets transformatifs des archives numériques et du processus de numérisation de masse dans le contexte du Génocide perpétré  contre les Tutsi et le processus ultérieur de justice, de réconciliation et de reconstruction.

En tant que conférencier principal du symposium, dans sa conférence donnée le 11 Septembre, le Dr Bizimana a parlé de «la place des archives des juridictions nationales et internationales dans la préservation de la mémoire du génocide commis contre les Tutsi et la lutte contre l'impunité, le négationnisme du génocide et l'idéologie du génocide».

Dans sa conférence, le Dr Bizimana a expliqué que la préservation de la mémoire du génocide nécessite une reconstruction des faits relatifs au crime.

Il a déclaré qu'en dépit du fait que les planificateurs du génocide ne rédigent pas de plan écrit pour le déroulement du génocide, il faut le reconstituer à travers des entretiens oraux des témoins et des survivants.

Il a signalé qu'à cet égard, la CNLG est en train de numériser les archives des juridictions Gacaca estimées à environ 60.000.000 pages écrites, 8000 cassettes vidéo des procès enregistrés en format audio-visuel et 52.000 registres.

Pour le moment, plus de 36.000.000 pages ont été numérisées, ce qui, selon lui, est important pour préserver la mémoire. Le processus de numérisation terminera en juin 2018.

Au total, 1.951.388 affaires ont été jugées par les juridictions Gacaca. Il ressort de ce chiffre qu’une population d’environ deux millions sur les 3,4 millions d'adultes en 1994 s’est impliqué de près ou de loin dans le génocide; 1,6 million d'entre eux ont été reconnus coupables. Cela signifie que plus d'un adulte sur deux, soit 55,8%, a été impliqué dans le génocide.

Il a expliqué que les dossiers concernant les enquêtes et les poursuites judiciaires permettent de comprendre les motivations et les causes qui ont conduit à de telles atrocités et peuvent servir à des activités de sensibilisation et d'information visant à prévenir de nouvelles violations du génocide et des crimes contre l'humanité.

Il a expliqué que les archives des juridictions  Gacaca documentent le travail et les réalisations dans le traitement judiciaire et social du génocide commis contre les Tutsi et contiennent également quantité d’information sur l'histoire du Rwanda pendant les conflits des années 1990-1994.

Il a noté que le fait que l’abondante collection  rassemble la jurisprudence des tribunaux Gacaca de tout le pays, les déclarations des témoins, les témoignages des victimes et des auteurs de crimes était et restera intéressante à une grande variété d'usagers.

Le Dr Bizimana a réitéré sur l’étude menée au Rwanda entre 2000 et 2004 par le Ministère de l’Administration Locale  pour identifier les personnes tuées lors du Génocide perpétré  contre les Tutsi entre avril et juillet 1994. Elle a identifié 1.074.017 victimes avec des noms, des lieux de naissance ou résidence bien connus et 527 fosses communes où les corps des  personnes tuées ont été déversés.

Parmi les victimes, l'étude a révélé que la grande majorité des victimes 93,6% ont été tuées parce qu’identifiées comme Tutsi, 0,85% simplement pour ressemblance aux Tutsi, 0,37% simplement pour avoir des relations d’amitié avec les Tutsi; 0,32%   mariées aux Tutsi, 0,17% pour avoir caché des Tutsi alors que 0,64% avaient manifesté des opinions opposées au régime génocidaire.

Parmi ces victimes, les jeunes de 0 à 24 ans représentent la grande majorité (53,8%). En plus d'identifier les victimes, l'étude a révélé comment elles ont été tuées et d'où elles ont été tuées.

Selon le docteur Bizimana, la préservation des archives du Génocide commis contre les Tutsi permettra de lutter contre la perpétuation de l'idéologie du génocide et du génocide lui-même, permettra aux chercheurs d'accéder aux archives sur le génocide et permettra également à prévenir d’autres génocides en se servant du Rwanda et en luttant contre le négationnisme du Génocide perpétré contre les Tutsi. (Fin)

 

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