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Dr. Bizimana: "Les Basesero ont commencé à être tués en 1963, et ont encore essayé de se défendre"

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Kigali: Le Secrétaire Exécutif de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide, Dr. Bizimana Jean Damascène l’a déclaré lors de la conférence qu'il a donnée, dans une cérémonie en mémoire de toutes les victimes du Génocide commis contre les Tutsis en 1994, tuées sur les collines de Muyira et de Bisesero, situé dans le secteur de Twumba dans le district de Karongi.

Une cérémonie qui a été conclue par une sépulture décente de 61 victimes du Génocide contre les Tutsis, tuées dans les secteurs de Rwankuba, Gishyita, Twumba et Mubuga.

À la même date, en 1994, les soldats français sont arrivés à Bisesero, dans ce qu'ils ont appelé «l'opération Turquoise», mais ont refusé de sauver quelques Basesero qui étaient encore en vie et continuaient à se battre avec les tueurs.

Dans la conférence sur l'histoire du Génocide commis contre les Tutsis dans l'ancienne préfecture de Kibuye, le Dr. Bizimana a rappelé que les tueries et les persécutions orchestrées par les dirigeants du Rwanda pré-génocide ont souvent visé les Tutsis de Kibuye et que le Génocide commis contre les Tutsis en 1994, était la finalisation de leur projet à long terme d'extermination des Tutsis.

"En 1959, les partisans du PARMEHUTU ont tué 1000 Tutsis dans le territoire de Bwishaza (Rubengera) et dans les autres territoires de Kibuye en seulement deux semaines et même quand le gouvernement a ordonné d'arrêter les tueries, l'ancien préfet de Kibuye n'a pas obéi aux instructions données par ses supérieurs parce qu'il ne voulait pas arrêter de tuer les Tutsis ", a déclaré le Dr Bizimana.

"Les Basesero ont commencé à être tués en 1963 et ils ont essayé de se défendre, jusqu'à ce que le gouvernement demande l'appui des soldats du Zaïre et de la Belgique. Au milieu du Génocide, le 3 mai 1994, le Président Sindikubwabo et le Premier Ministre Jean Kambanda ont organisé une réunion avec les dirigeants locaux de Kibuye pour les inciter à exterminer tous les Tutsis qui n'étaient pas encore tués », a ajouté le Dr Bizimana.

Le Dr Bizimana a souligné que le recensement effectué en 1991 montrait que la Préfecture de Kibuye était la 4ème parmi les préfectures qui comptaient de nombreuses populations tutsies, même si ce rapport n'a jamais été publié officiellement par les autorités rwandaises.

Il a ajouté qu'en 1960, les colons belges confirmaient que les Tutsis représentaient 30% de la population rwandaise, ce qui signifiait bien supérieur aux statistiques données par les régimes de Kayibanda et de Habyarima et qui explique encore le grand nombre de victimes du Génocide commis contre les Tutsis enterrés dans différents mémoriaux.

Le Dr. Bizimana a rappelé qu'en 1960, lorsque 544 sous-chefferies ont été transformées en 227 Communes, les dirigeants ont ordonné que pendant l'élection, aucun Tutsi ne soit choisi comme chef de commune, seuls les Hutus devaient diriger toutes ces Communes.

Le Dr Bizimana a souligné le rôle des soldats français qui ont abandonné les Tutsis de Bisesero entre les mains de leurs assassins, mais a remercié certains de ces soldats et journalistes qui commencent à mettre au clair la vérité sur le rôle des soldats Français dans le Génocide commis contre les Tutsis.

Dans le témoignage de Siméon Karamaga, qui était adulte et qui a la chance de survivre au Génocide à Bisesero et qui a aujourd’hui 74 ans, a déclaré qu’il  y a une période où les Tutsi de Bisesero se sont défendu contre les milices Interahamwe et ont réussi à prendre des armes à leurs tueurs mais malheureusement, cela ne les a pas empêchés d'être exterminés.

"Nous nous sommes battus avec des tueurs jusqu'à ce que nous parvenions à leur prendre 12 fusils, mais ces armes ne nous ont pas beaucoup servi parce que personne parmi nous ne savait manipuler les armes", a déclaré Mzee Karamaga.

L'Honorable Polisi Denys, qui a parlé au nom des familles des victimes, a salué les organes du gouvernement, notamment la CNLG, pour la construction et la gestion du mémorial de Bisesero et même l’effort fourni pour que ce mémorial soit inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le Gouverneur de la Province de l'Ouest, Alphonse Munyantwari, a salué la bravoure des Tutsis de Bisesero qui ont tenté de se défendre contre leurs assassins pendant le Génocide, pour avoir au moins quelques-uns qui peuvent survivre. Il a demandé que les jeunes continuent d'être expliqués sur la perversité du Génocide, afin qu'ils puissent être capables de lutter contre l'idéologie génocidaire.

La Ministre de la Gestion des Catastrophes et des Affaires des Réfugiés, Jeanne D'Arc DE Bonheur, qui a été la principale  oratrice de cette cérémonie, a condamné ceux qui continuent de promouvoir le divisionnisme et ceux qui nient le Génocide commis contre les Tutsis et leur a demandé d'arrêter ces actes, parce qu’ils n'atteindront jamais le pays nul part.

Le Site Mémorial du Génocide de Bisesero, qui, avec les mémoriaux du Génocide de Gisozi, Nyamata et Murambi, poussés par le Rwanda à figurer sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, sert de lieu de repos final à plus de 50.000 victimes du Génocide commis contre les Tutsis en 1994. (Fin).

 

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