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Massacre délibéré de Tutsi entre 1990 et 1993 à Ruhengeri

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Kigali: La récente étude menée par la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) sur l'histoire du génocide perpétré contre les Tutsi dans l'ancienne préfecture de Ruhengeri a révélé qu'après le déclenchement de la guerre de libération par le FPR-Inkotanyi en octobre 1990, les Tutsi qui habitaient dans des anciennes communes de cette préfecture ont été violemment persécutés et assassinés.

L’étude montre que les tueries délibérées ont commencé après que le 23 janvier 1991, RPA, la branche militaire du FPR, a lancé une grande attaque dans la ville de Ruhengeri. Depuis lors, des tueries systématiques ont commencé, visant en particulier les Bagogwe dans les communes de Nkuli, Mukingo et Kinigi.

Le présent article porte sur la manière dont cela s'est concrétisé dans l'ancienne commune de Nkuli, qui est actuellement le secteur de Mukamira dans le district de Nyabihu. Dans l’ancienne commune de Nkuli, les tueries délibérées de Tutsi ont  commencé fin janvier et début février 1991.

Un témoin de cette étude qui a survécu à ces meurtres explique que les massacres perpétrés contre les Tutsi dans cette commune se sont intensifiés vers la fin janvier 1991.

«Vers les dernières dates du mois de janvier, entre le 25 et le 29 janvier 1991, une attaque composée de civils ordinaires et de militaires est venue tuer mon père Assiel Binyavanga. Mukarukeba Annonciate et son fils de deux ans, Sebarara, Kamali, Aleluya Wilson, Gafuranendi, Joël, le pasteur Gashashari et d’autres personnes ont été tués ce jour-là. Il y a aussi d'autres personnes qui ont été noyées dans les eaux. Ils ont tous été tués par des civils ordinaires, dont Rwakibibi, qui a donné l'ordre de nous violer », raconte le témoin.

Parmi les assassins figuraient Nyirakamanzi Phoibe alias Nyirakamodoka, conseillère du secteur de Jenda (Konseye), Claude et Seburigeri, fils de  Bajaja dans le secteur de Jenda entre autres.

Le témoin a déclaré que le 4 février 1991, les Tutsi furent tués de manière accrue, les soldats s'étant alliés à des civils pour chasser les Tutsi dans les forêts et les arbrisseaux.

Elle raconte que ce jour-là, les Tutsi qui habitaient la commune de Nkuli ont été tués chez eux, d'autres dans leurs cachettes, d'autres ont été emmenés dans les grottes de Nyaruhonga pour y être tués. D'autres ont été noyés dans le lac Nyirakigugu.

Parmi ceux noyés dans ce lac figurent  Pauline Mukabutera et un bébé qu'elle portait, Bakomeza, Donata et Nyiragasimbi Pascasie.

Un autre témoin dont toute la famille a été tuée et jetée dans ce lac a déclaré que les Tutsi qui vivaient à proximité des volcans ont été persécutés après le déclenchement de la guerre de libération.

Il a ajouté que outre sa famille composée de six personnes, de nombreux autres Tutsi furent tués, dont six membres de la famille de Sebuhiriri.

Beaucoup d'autres Tutsi  furent tués dans différents secteurs de la commune de Nkuli.  Par exemple, dans le secteur de Jenda administré par Nyirakamanzi Phoibe, notoire comme Nyirakamodoka, de nombreux Tutsi ont été tués, notamment Akumwami Enock, Nyirarudodo Sarah, Bujari, Kigingi, Mukeshimana et d’autres.

Nyirakamanzi Phoibe alias Nyirakamodoka, conseillère du secteur de Jenda (Konseye), fait partie des assassins de ces Tutsi. Après avoir jeté les corps des Tutsi tués dans le lac Nyirakigugu, elle a tenu une réunion et a dit aux citoyens de dire que ces Tutsi avaient été tués par le FPR-Inkotanyi au cas où quelqu'un demanderait de leur mort. Tuer les Tutsi coïncidait avec   le viol  des femmes et des filles Tutsi, comme l'expliquent des témoins.

L'un des témoins authentiques a déclaré: «J'étais avec une fille appelée Heleda, qui était fille de Munyantarama quand ils m'ont enlevée. Ils nous ont emmenés aux bureaux de la commune de Nkuli. Avant d'arriver aux bureaux de la commune, l'un de ceux qui nous y emmenaient; il s'appelait Mbaruhire, il a demandé ma carte d'identité, alors que je la cherchais pour pouvoir la lui donner, il m'a poussé sous la route. D'autres personnes qui l'accompagnaient, notamment Kananura, Macinya et Gahara, ont pris Heleda, l'ont étendue par terre et ont commencé à la violer. Après l'avoir violée, ils l'ont ramenée chez Nyirakamodoka, elle était presque morte ».

En février 1991, à part les Tutsi tués, il y en a d'autres qui se sont suicidés après avoir échoué à faire face à ce qu'ils ont vécu, en particulier des hommes qui ont vu leurs femmes violées  publiquement à leur vue.

De nombreux Tutsi ont été emmenés dans les grottes de Nyaruhonga pour y être tués. Un rapport international sur les droits de l'homme au Rwanda, publié en mars 1993, indique que dans la commune de Nkuli, à Nyaruhonga, dans le secteur de Kareba, des trous dans lesquels se trouvaient des corps de Tutsi tués ont été retrouvés.

Le rapport ajoute que les Tutsi qui avaient été tués dans des zones où le génocide a été essayé, comme Nkuli, Bigogwe et Kinigi, comptaient autour de 300. Cependant, différents rapports ont déclaré qu’il n’était pas facile de connaître le nombre exact de Tutsi tués et estimé qu'ils soient entre 500 et 1000.

Les grottes de Nyaruhonga ont été un site de mort pour les Tutsi à différentes périodes. Parmi les personnes impliquées dans les meurtres de Tutsi dans la commune de Nkuli en janvier et février 1991, on trouve le colonel Bizimungu Augustin, le lieutenant-colonel Bivugabagabo Marcel, le colonel Setako Ephrem, le major Bizabarimana, le lieutenant Hasengineza Boniface et Sebagabo, brigadier de la commune de Nkuli. D'autres sont Mpiranya Mathias, alors bourgmestre de la commune de Nkuli, Anastase Kabutura, conseiller du secteur de Mukamira, Nyirakamanzi Phoibe alias Nyirakamodoka, conseillère du secteur Jenda, Bagirubwiko, conseiller du secteur Kareba, des hommes d’affaires notamment Siméon Havugimana, Buzayire, Maniraho Bernard, Kanuma, les militaires et les civils ordinaires. (Fin)

 

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