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Burundi: la Commission d'enquête de l'ONU dénonce une persistance d'abus dans un climat de peur généralisé

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Kigali: La Commission d'enquête de l'ONU sur le Burundi a dénoncé la persistance des violations des droits de l'homme dans ce pays, lors de la présentation de son rapport devant le Conseil des droits de l'homme ce jeudi 15 juin à Genève.

Ces abus ont été perpétrés, selon les enquêteurs onusiens, dans un climat de peur généralisé et les violations ont été entretenues par des discours de haine prononcés par certaines autorités de l'État, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure. Plusieurs victimes de torture par la police ou le service national de renseignement ont rapporté à la Commission que les sévices endurés étaient accompagnés d'insultes à caractère ethnique.

«Nous avons été frappés dans nos enquêtes par le sentiment de peur profonde et généralisée qui se dégage des témoignages que nous avons recueillis», ont déclaré Fatsah Ouguergouz, Reine Alapini Gansou et Françoise Hampson, les membres de la Commission d'enquête sur le Burundi, au cours de leur présentation orale devant le Conseil des droits de l'homme. «Nous sommes aujourd'hui en mesure de confirmer nos craintes initiales quant à l'ampleur et la gravité des allégations de violations des droits de l'homme et d'atteintes à ceux-ci commis depuis avril 2015 au Burundi».

Ces violations incluent des exécutions extra-judiciaires, des actes de torture et autres traitements inhumains et dégradants, des violences sexuelles et basées sur le genre, des arrestations et détentions arbitraires et des disparitions forcées, souvent accompagnées de demandes de rançons importantes aux familles contre des promesses de libération de détenus ou pour retrouver les personnes disparues.

Bon nombre de ces violations ont été commises par des agents du Service national de renseignement et de la police, parfois secondés par des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir – les Imbonerakure.

«Nous avons été frappés par le caractère particulièrement cruel et brutal des violations qui nous ont été rapportées », ont noté les membres de la Commission. Ils ont reçu des témoignages faisant état, lors des séances de torture, de l'usage de matraques, de crosses de fusil, de baïonnettes, de barres de fer, de chaînes métalliques ou de câbles électriques ayant eu pour effet, dans certains cas, de casser les os de la victime ou de lui faire perdre connaissance, d'aiguilles enfoncées ou des produits non-identifiés injectés dans le corps des victimes, d'ongles arrachés avec des pinces, de brûlures, ainsi que de nombreux sévices sur les parties génitales masculines.

«Dans plusieurs cas, les actes de torture et les mauvais traitements ont été accompagnés d'insultes violentes et de menaces de mort, y compris à caractère ethnique », ont-ils précisé. La Commission d'enquête a également documenté des cas de violence sexuelle, particulièrement contre des membres féminins de la famille d'opposants politiques, notamment par des présumés Imbonerakure.

«Ces violations des droits de l'homme sont entretenues par des discours de haine, parfois à dimension ethnique, prononcés par certaines autorités de l'État et des membres du parti au pouvoir, comme l'a récemment illustré une vidéo ayant circulé en avril 2017, montrant une centaine d'Imbonerakure en train d'entonner un chant appelant à «engrosser les opposantes pour qu'elles enfantent des Imbonerakure», ont ajouté les membres de la Commission. Cependant, les témoignages indiquent que les victimes sont ciblées le plus souvent en raison de leur opposition présumée au gouvernement, indépendamment de leur appartenance ethnique.

La Commission a regretté une fois de plus le manque de coopération du gouvernement du Burundi et l'absence d'accès au pays. Toutefois, elle s'est entretenue avec de nombreux Burundais en exil et s'est rendue notamment en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Kenya. Depuis le début de ses enquêtes, elle a recueilli plus de 470 témoignages sur des violations des droits de l'homme qui auraient été commises depuis avril 2015 au Burundi.

La Commission d'enquête sur le Burundi présentera un rapport final à la trente-sixième session du Conseil des droits de l'homme, en septembre 2017. (Fin)

 

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