
Des réfugiés participent à une réunion organisée par l’administration du camp et les autorités rwandaises après les travaux communautaires
Jeudi dernier, l’ensemble des habitants du camp de Mahama a été invité à participer à des travaux communautaires organisés à l’intérieur du camp. Cette initiative, supervisée par l’ONG Save the Children, ne s’est pas limitée à l’amélioration des infrastructures, mais a également servi de plateforme pour diffuser des messages importants aux réfugiés.
Les réfugiés ont mené plusieurs activités environnementales et sanitaires, notamment la plantation d’arbres aux extrémités des villages 13 et 17, en bordure de la rivière Akagera. Par ailleurs, la réhabilitation des canalisations d’eaux de ruissellement a été effectuée dans les villages 1, 11, 12 et 13, ainsi que dans d’autres secteurs des zones de Mahama I et II.
D’après le Collectif SOS Médias Burundi qui livre cette information, cette forte mobilisation des réfugiés s’expliquait également par l’attente des discours des officiels qui se sont adressés à la population rassemblée sur le terrain de Mahama I.
Un avenir incertain pour la réinstallation
Le représentant du HCR au camp de Mahama a tenu à clarifier la situation concernant la réinstallation des réfugiés dans un troisième pays, en particulier aux États-Unis et au Canada.
« Sur un quota de 7.000 réfugiés réinstallés chaque année, environ 5.000 prennent la direction des États-Unis. Cependant, pour 2025, seulement 4.000 réfugiés étaient initialement prévus pour être accueillis aux États-Unis, une réduction due aux restrictions de l’administration Trump. Le plus préoccupant est que, pour l’ensemble du pays, nous ne pourrons traiter que moins de 1.000 dossiers de réinstallation en 2025. Il est donc préférable d’oublier cette option », a-t-il expliqué.
Face à cette réalité, le HCR encourage les réfugiés à se tourner vers des initiatives de développement et d’autonomisation économique, en mettant l’accent sur les activités génératrices de revenus.
La criminalité en hausse, une préoccupation majeure
Parallèlement, la police a profité de cette rencontre pour sensibiliser les réfugiés sur la nécessité de maintenir l’ordre et de lutter contre la criminalité. Selon les autorités, l’augmentation du nombre de réfugiés à Mahama, qui héberge actuellement plus de 76.000 personnes, s’accompagne malheureusement d’une montée de la criminalité.
Le centre de Kabeza, voisin du camp, est désormais classé parmi « les trois premiers foyers criminels du pays ». Le chef de poste de police a précisé : « Les réfugiés sont impliqués dans divers crimes, allant des viols aux coups et blessures volontaires, en passant par les vols, le banditisme, les assassinats et les accidents routiers ». Il a également rappelé que « tout réfugié est soumis aux mêmes lois que les citoyens rwandais ».
Des conditions de vie difficiles, un facteur aggravant
Le président du comité des réfugiés, Jean Bosco Kwibishatse, reconnaît l’existence de ces problèmes, mais les attribue en grande partie aux conditions de vie précaires dans le camp. Il dénonce notamment la réduction fréquente des rations alimentaires et la fermeture progressive de certaines ONG humanitaires, ce qui affecte gravement l’hygiène et la santé des réfugiés.
Malgré ces difficultés, une avancée notable a été saluée par les réfugiés : le remplacement de toutes les bouteilles de gaz combustible par un nouveau stock. « Nous espérons que cela réduira les risques d’accidents et d’incendies, qui ont déjà coûté la vie à une dizaine de personnes, dont des enfants », a souligné un représentant des réfugiés.
Le camp de Mahama continue d’accueillir principalement des réfugiés burundais et congolais, confrontés aux défis du quotidien tout en cherchant à s’adapter à une réalité en constante évolution. (Fin)